samedi 10 juin 2017

La joueuse de go de Shan Sa





Éditeur : Folio
Date de parution : 15 Janvier 2003
Nombre de pages : 325
Prix : 7,20€





Résumé : Depuis 1931, le dernier empereur de Chine règne sans pouvoirs sur la Mandchourie occupée par l'armée japonaise. Alors que l'aristocratie tente d'oublier dans de vaines distractions la guerre et ses cruautés, une lycéenne de seize ans joue au go. 
Place des Mille Vents, ses mains infaillibles manipulent les pions. Mélancolique mais fiévreuse, elle rêve d'un autre destin. "Le bonheur est un combat d'encerclement". Sur le damier, elle bat tous ses prétendants. 
Mais la joueuse ignore encore son adversaire de demain : un officier japonais dur comme le métal, à peine plus âgé qu'elle, dévoué à l'utopie impérialiste. 
Ils s'affrontent, ils s'aiment, dans un geste, jusqu'au bout, tandis que la Chine vacille sous les coups de l'envahisseur qui tue, pille, torture. 





Mon avis : 




La Joueuse de go est un livre que je n'aurais sans doute jamais lu si ma meilleure amie ne m'en avait pas parler, puis offert pour Noël ensuite. La seule chose que je regrette est d'avoir mis autant de temps pour le lire car cette histoire est tout simplement magnifique !

L'intrigue se situe en 1931, une période charnière en Chine, qui se trouve sous la domination japonaise à ce moment-là. On suit alors deux histoires bien distinctes : celle d'une jeune joueuse de go qui vie en Mandchourie, et celle d'un jeune soldat japonais envoyé en Chine. 

Absolument tout oppose nos deux personnages, que ce soit leurs origines, leur statut social et bien d'autres choses encore. Mais ils se sentiront très proches l'un de l'autre lors de leurs nombreuses parties de go. Et le plus intéressant est sans doute le fait qu'on les voit évoluer lors de ces parties. 

La jeune fille découvrira la vie et l'amour dans une Chine en pleine occidentalisation. Elle grandit avec son temps, dans une perpétuelle quête d'absolu et de liberté alors que dan son village tout le monde est rester dans traditions ancestrales. Et, l'identité du japonais restera un mystère jusqu'au bout : on ne connaitra jamais son nom. 

Shan Sa décrit à la perfection l'horreur de la guerre au travers d'un style simple et dans le prisme du regard de deux jeunes à peine sortis de l'adolescence (bien que le japonais soit un peu plus vieux). Le roman peut ainsi garder une forme d'innocence dans l'horreur de ce qui nous est raconté. C'est aussi un texte poétique et intense qui décrit à la perfection l'horreur de la guerre. 

Enfin, on peut noter qu'il y a un certain soucis de fidélité historique car l'auteure n'hésite pas à explique tous les événements et dates dans des notes de bas de page. 

Et, que dire de cette fin qui se termine en apothéose ? Elle est tout simplement stupéfiante, abrupte et magnifique de beauté et de tristesse. Il ne me reste plus qu'une seule chose à vous dire : lisez-le, vous ne le regretterais pas !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire